Petite histoire de l’espace public vue du futur

Ce texte est adapté d’une présentation donnée le 6 novembre 2018 à l’Université de Caen dans le cadre du séminaire « Villes et sciences sociales » auquel j’ai l’honneur de participer.


Dalian, 2024.

Réunis en session extraordinaire, les chefs de gouvernement du G11 proclament unanimement la fin de l’espace public à travers le monde.

La Convention de Dalian, validée par l’ONU, le FMI et l’OMC et ratifiée progressivement par les 231 pays du globe, stipule, dans son article 2 :

Toute utilisation non rationnelle ou non utilitaire de l’espace public telle que définie à l’article 4 doit faire l’objet d’une indemnisation de la part de l’usager envers l’autorité régulatrice des espaces publics, dans des montants et des modalités de versement fixés à la discrétion des pays signataires

Ainsi, mendier, flâner, faire son jogging, jouer au foot, manifester, s’arrêter pour saluer un ami deviennent des activités « marchandes et marchandisées ». La ville  marchable n’est plus.

Bien sûr, quelques exceptions sont accordées : il en va de toute activité débouchant sur une transaction financière ou un échange de biens valorisés : vide-greniers et marchés, trafic de stupéfiants, prostitution… Les trottoirs sont partout réduits à la portion congrue, et la chaussée réservée aux déplacements à visée utilitaire. Les péages urbains se multiplient.

Dans le monde entier, des mouvements de protestation apparaissent, certains non-violents, d’autres recourant à la terreur. Partout, cependant, un mot d’ordre unique : Marcher, oui. Marché, non.


Ces dernieres semaines, j’ai passé quelques jours dans le futur, et ce que j’y ai trouvé n’est pas reluisant. J’ai voulu alors comprendre comment nous arriverons là et ce que nous pouvons faire pour l’empêcher.


Les débats sur la définition de l’espace public (et sur la nécessité ou non de le distinguer des espaces publics) seraient trop longs à résumer et plus encore à départager. De Michel Saillard, ingénieur des Ponts et Chaussées, qui, en 1962, qualifiait « tout ce qui n’est pas construit ou clôturé à des fins purement privées » d’espace public, au géographe Pierre Merlin qui en faisait ressortir deux caractéristiques principales, la propriété publique et l’affectation d’usage universel, nous ne retiendrons que l’opposition forte et évidente avec l’intérieur, l’accès limité et la propriété privée.

Ce qui nous intéresse bien plus, c’est l’idée, dans la droite ligne du géographe Michel Lussault, que l’espace public, qu’il appelle « commun », « permet la coprésence des acteurs sociaux sortis de leur cadre domestique », bref qu’il permet, comme le montre aussi Annie Ernaux dans ses écrits, la confrontation entre l’intime et l’extime, et qu’il facilite l’apprentissage de l’altérité. Bref, il est ce qui fait avant toute chose l’urbanité.

En cela, on retrouve l’espace de contact médiéval que décrivait Francoise Choay dans « Espacements« , bien plus que les espaces de spectacle qui y ont succédé ou les espaces de circulation de l’ère moderne, promus à grand renfort de Charte par les Congrès Internationaux d’Architecture Moderne et Le Corbusier dans leur rêve de ville fonctionnelle dans les années 30.

Oui, l’espace public est un espace auquel on accède librement, où l’on circule librement, que l’use et occupe librement, qui nous confronte à l’autre comme à nous même, un espace poétique, comme le montrent les surréalistes, un espace politique, malheureusement encore genré.

L’espace public n’attribue aucune place ; s’il est appropriable ou approprié, neserait-ce que partiellement, il est déjà dénaturé

Isaac Joseph, Le passant considérable (1984)

Où en est-on de l’espace public aujourd’hui ? Quelles tendances lourdes et quels signaux faibles peut-on mettre en avant qui nous conduiront à la convention de Dalian en 2024 ?


Un espace public de plus en plus réduit

A Paris, la moitié de l’espace public est réservé à la voiture, roulante ou en stationnement, et à ses collègues motorisés, soit 1400 hectares. On dit par ailleurs qu’il faut 8 places de parking pour chaque voiture en circulation (une pour le domicile, une pour le travail, une pour l’école des enfants, etc…). Il y aurait, en première approximation, 6 milliards de places de stationnement sur Terre. 

Ce qui fait dire à Michael Coville-Andersen, designer danois, cycliste, et fondateur de Copenhagenize et de Cycle Chic que la société de l’automobile se caractérise en premier lieu par l’arrogance de l’espace qui lui est attribuée, eu égard au nombre de personnes transportées.

Encore faut-il rajouter désormais les trottinettes, les gyropodes, les hoverboards et tous ces nouveaux engins de déplacement personnel qui ne trouvent leur place ni sur la chaussée, ni sur les trottoirs. Le cas des trottinettes est particulièrement symptomatique. 

Tous comme pour les vélos en libre-service, une offre en free-floating s’est développée à vitesse grand V dans les métropoles mondiales. Pas de bornes de stationnement, simplement des trottinettes (ou des vélos, donc), laissés au milieu des espaces publics, à disposition de qui voudra s’acquitter du droit d’usage. De moins en moins de place, donc, pour marcher, stationner son vélo, ou s’asseoir en terrasse, la faute à la présence anarchique de ces engins infernaux.  

Sur la place abandonné, trottinette cherche usager

Il y a bien longtemps, cependant, que la flânerie et la déambulation dans les rues est mise en danger par la présence inopportune et démultipliée du mobilier urbain. Du simple banc ou de la sanisette jusqu’aux innombrables potelets (335.000 à Paris, soit 4 fois plus que le nombre de pigeons de la capitale et 3 fois plus que le nombre d’arbres plantés), le mobilier urbain, quand il n’est pas support de pub, dessiné par le privé et destiné au public, se révèle un véritable casse-tête, notamment pour les PMR. 

Ils sont des repères, certes, mais sont-ils, ces kiosques, ces sanisettes, ces fontaines Wallace et colonnes Morris, des centralités, des lieux d’urbanité ? 

A t-on besoin de bancs, pour se reposer, discuter, déjeuner sur le pouce ? Oui. A t-on besoin de 22 bancs sur une surface de trente mètres carrés, quitte à compliquer les cheminements des piétons et des cyclistes, comme j’ai pu le compter à un terminus de tramway ? Voire.

S’il en est pour lesquels la question ne se pose pas, il s’agit des emplacements publicitaires, quelque soit leur taille. Ils gênent la marche, ils polluent la vue et l’esprit, ils accaparent l’espace et le temps, ils distribuent une vision du monde où la consommation est le seul enjeu du déplacement dans l’espace public. 

Comble, ils imprègnent aujourd’hui jusqu’au sol, pour dicter et diriger nos pas, et envahir un peu plus nos esprits.

Un espace public de plus en plus privatisé

Bien avant cela, il avait déjà fallu s’accorder sur les seuils. Où commence et où s’arrête l’espace public ? Dès la porte de l’immeuble franchie ? Dès la porte du logement refermé ? La frontière est ténue, de plus en plus ténue.

A dire vrai, la notion de frontage est passée par là. Composante majeure, selon Nicolas Soulier, du système de déplacement autant que du tissu social, le frontage, cet espace reliant la façade d’un bâtiment à la chaussée, peut aussi bien être public (c’est le cas du trottoir dans la majorité des cas) que privé. Ainsi est-ce à vous, locataires ou propriétaires que vous êtes, de nettoyer la neige ou les feuilles mortes devant votre porte. Cette partie du trottoir n’est pas du ressort des pouvoirs publics. Il vous incombe même de respecter la ligne de frontage, sous peine de voir votre demeure « frappée d’alignement ». 


Le cas Google


En octobre 2017, la ville de toronto annonce avoir choisi SIDEWALKS LABs, filiale de google, pour RÉHABILITER, revitaliser et RECRÉER un de ses quartiers au bord du lac ontario. 
SIDEWALKS LABS promet d’en faire un lieu D’EXPÉRIMENTATION urbaine, une smart-city ÉCOLOGIQUE, respectueuse des DONNÉES de ces habitants. la zone de 12 hectares se transformera BIENTÔT en 800 hectares pour devenir la première plateforme urbaine possédée et gérée par une entreprise.
tout, absolument tout, y sera mesuré, évalué, optimisé, de la gestion de l’eau à l’usage des bancs publics. si l’idée de départ est claire (mettre la donnée au service de la qualité de vie), on ne peut S’EMPÊCHER de penser a tous ces usages des espaces publics qui ne serviront qu’une cause: celle de google.

Cette histoire convoque dans l’esprit les images, trop familières pour qui s’ingurgite un certain type de séries américaines ou se remémore les images de Truman Show, de ces Gated Communities, négation même d’espaces publics. Thierry Paquot parle de ces enclaves résidentielles comme des « ghettos de riches » qui représente le « refus de toute mixité, de tout frottement avec d’autres« .

Pis, ces quartiers entiers, cernés de portails, de huttes gardées par des vigiles contrôlant les accès, aux rues désertes, sans enfants courant dans les rues, aux jardins bien tondus, signe extérieur sont là pour assurer la sécurité de ses résidents, et dessiner les frontières de l‘espace défendable théorisé par l’architecte Oscar Newman dans les années 70.

Jane Jacobs n’avait-elle pas pourtant montré dès 1961 que la meilleure des sécurités possibles en ville était l’appropriation des rues par les piétons, plutôt que la clôture, la rue vidée d’humanité, le repli et l’enfermement ? 

Les rues, les places, les cours, les jardins de ces Gated Communities ne sont plus des espaces publics. Ils sont d’ailleurs entretenus par la communauté des résidents, à leur frais, et finalement peu utilisés. Ils ne font pas urbanité.

Loin d’être l’apanage des villes américaines, les Gated Communities se développent dans le monde entier, en France (et dès la deuxième moitié du XIXè siècle) comme en Inde, au Brésil ou en Chine.

Apple Square

en 2016, la vice-PRÉSIDENTE d’apple annonce le DÉPLOIEMENT d’un nouveau concept pour sa future génération d’apple-store : faire de ses boutiques des lieux de rassemblement, des places publiques-PRIVÉES, des aires de rencontre TOURNÉES autour de ses produits phares,
allant pour cela JUSQU’À DÉTRUIRE des symboles (comme un MUSÉE des traditions ABORIGÈNES à melbourne ou la place royale a stockholm).
l’affaire est belle pour les MUNICIPALITÉS : la gestion d’espaces publics d’exception coûte cher et en déléguer la responsabilité à une entreprise comme apple, c’est l’assurance de revenus astronomiques (apple est en effet PROPRIÉTAIRE du terrain) et D’ÉCONOMIES substantielles
las, la population, partout s’y oppose. la crainte première ? que l’accès a ces lieux publics ne soit plus universellement garanti. et on peut douter en effet qu’apple autorise des sans-domicile ou des sans-le-sou dans ces nouveaux temples…

A la reconquête de l’espace public 

Partout, pourtant, surgissent des mouvements de réappropriation de l’espace public. Saisissant les dangers et les pertes territoriales subies par la sphère de l’altérité, de la rencontre et du débat, des collectifs, des individus, s’évertuent à revendiquer la non-propriété de ces lieux et leur retour dans le giron universel.

C’est le cas de mouvements militants, qu’ils cherchent à supprimer l’agression publicitaire ou l’invasion automobile. Des Casseurs de Pub non-violents aux occupations ludiques des places de parking chaque troisième week-end de septembre, des Reclaim the Streets au détournement poétique, nombreuses sont, à travers le monde, les occasions de manifester de manière inventive son envie d’une autre gestion de l’espace public.

Autre mouvement, le retour à une démocratie de rues et de places. De l’action symbolique des porteurs de parole qui, pour une heure ou deux, suscitent le débat avec les badauds, aux mouvements Occupy, Indignés et Nuit Debout, l’espace public redevient le lieu de la civitas grecque, de la citoyenneté, du cri de révolte, de la doléance, et certains printemps, de la Révolution.

Mouvement sans prétentions (parfois) mais hautement symbolique (toujours), le street-art, du muralisme au simple graffiti, nous rappelle que l’espace public est aussi là pour susciter l’émerveillement, la surprise, pour stimuler nos sens, et pour accaparer, en réaction, l’espace en trois dimensions, les pignons aveugles comme le mobilier urbain.

Et puis, nous en avons déjà parlé ici, les lignes de désir, ces mouvements invisibles, qui sont notre manière à nous de revendiquer un usage très personnel et détourné de l’espace pensé, qu’on ne nous volera jamais la possibilité de faire de ce qui nous entoure ce que nous voulons.

Un autre futur est possible

Athènes, 2033.

L’espace public est un bien commun. Plutôt qu’à tous, il n’appartient à personne.Plutôt que par quelques-uns il est gouverné par tous

Par ces quelques mots, l’UNESCO décide de classer l’espace public patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Pour en assurer la sauvegarde, le G11 décide d’en faire un « commun », suivant ainsi les recommandations d’Elinor Ostrom, prix Nobel d’économie. La gestion des espaces publics est ainsi déléguée à l’échelle micro-locale et décentralisée par des assemblées démocratiques d’habitants et usagers.

Quelques mois plus tard, l’ONU lui emboîte le pas, dans la nouvelle mouture de la Déclaration Universelle des droits de l’humain. Ainsi, l’article 3 est complété de ces quelques mots : 

L’accès et l’utilisation libre des espaces publics est un droit inaliénable de l’humanité

La publicité et l’automobile sont encore là, mais c’est encore un autre combat…


Tous les imaginaires urbains sont-ils respectables ? L’exemple de la science-fiction

Il y a la ville du taxi, du livreur ou du coursier, enchaînement de rues et d’automobiles, de stop & go, vécue à hauteur de bitume et à vitesse irrégulière ; celle de l’automobiliste, trop chère et trop lente ; celle du cycliste, dangereuse ou sécurisée ; celle du piéton, obligeant à la vigilance et autorisant la flânerie.

Il y a la petite ville, traversée par une nationale, qui semble déserte, sauf le week-end quand les jeunes de la grande ville rejoignent la discothèque à quelques kilomètres en bordure de la grande route,  petite ville au cinéma fermé depuis des années et au café-épicerie-relais postal tenu par la doyenne. 

Il y a la ville souterraine, celle du métro, des câbles, des tuyaux, des égouts et des catacombes. La ville aérienne, qui s’élève, qui surplombe, qui  domine. Il y a la ville fière, qui le montre, qui se montre ; la ville honteuse d’elle-même, la ville en travaux qui se refait une beauté ; la ville-tenaille, concurrencée par ses proches ; la ville-trou noir qui absorbe toute vie à sa périphérie. La ville d’eau, la ville de montagne, la ville touristique, la ville parc d’attractions. 

Il y a aussi les villes des polars, sombres, pluvieuses, souvent truffés de quartiers glauques et malfamées, où le crime peut surgir à chaque coin de rue. Ainsi en va t-il aussi des villes post apocalyptiques, toujours dépeintes de manière anxiogène, lunaire, désertique, violente, et qui nous feraient presque regretter les villes d’aujourd’hui.

Il y autant de villes, en réalité, que d’urbains. Et certaines représentations, certaines ambitions, certaines projections urbaines, peuvent paraître absurdes, méprisables ou méprisantes, à contre-temps ou à contre-courant, d’autres rêvées, utopiques, fantasques. 

Ainsi en va t-il des représentations urbaines dans la science fiction par exemple, la plupart du temps tentaculaires, gigantesques, désincarnées, villes-monde. La science-fiction, particulièrement dans sa déclinaison cinématographique, s’est dès les origines intéressé à la ville, comme terrain de jeu et comme objet de critique.

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Le très sous-estimé Time-Out (2011), par exemple, propose une allégorie de la mégalopole mondiale d’aujourd’hui. Ici, la valeur des uns et des autres est jugée par le temps qu’il leur reste à vivre plutôt que par l’argent possédé, obligeant les plus pauvres à faire appel à la criminalité, la débrouille et le travail. Concentrique, immense, ghettoïsé, le monde de Time Out relègue les pauvres dans des slums et protège les riches dans des gated communities. Pour aller de l’un à l’autre, des autoroutes, infinies, et des péages où le droit de passage est du temps de vie, de plus en plus chers, de plus en plus chronophages, comme si la vie se consumait dans les transports.

Dans l’indispensable et culte Dark City (1998), Alex Proyas démontre l’importance des sens et des repères dans une ville, sur la mémoire notamment. A minuit, la ville se métamorphose, se recompose, les immeubles disparaissent, leur architecture se transforme, et au réveil, un sentiment d’étrangeté, d’inconnu s’empare des habitants. La ville leur semble familière et pourtant ils s’y perdent – parfois jusqu’à douter de leur santé mentale. Il faut dire que dans cet environnement urbain minéral où la nuit règne à longueur de temps, les humains sont privés de leur sensorialité, privés de ce rapport à la lumière, au temps qui passe, à la nature – c’est une ville hors du temps, hors-sol, hors du monde, claustrophobique et menaçante.

Pourtant, la ville idéale n’est parfois pas ce qu’elle donne l’impression d’être. Truman Burbank vit à Seahaven, paisible et agréable station balnéaire (fictive). Il connait ses voisins, son vendeur de journaux, tout le monde se salue, la vie se déroule à heure fixe, il y a la mer, les arbres, une circulation apaisée, des enfants qui jouent devant les pavillons. Le paradis comme son nom l’indique. 

Et pour cause, The Truman Show (1998), chef d’oeuvre bien plus large que le genre de la science-fiction, a été tourné à Seaside, en Floride, ville « expérimentale » issue des principes du New Urbanism, courant urbanistique des années 80 qui cherchait à « réhumaniser » l’espace urbain, à penser un aménagement, une densité et un bâti plus apaisé, plus ménagé et plus piétonnier. Les zones urbaines proches des parcs Disney World en Floride et Disney Land à Marne-la-vallée se revendiquent d’ailleurs de ces préceptes censés réconcilier l’urbain et l’humain. 

Mais bien vite, Truman Burbank va se lasser de cette routine, de cette bienveillance à toute épreuve, de cette vie et de cette ville factice, en carton-pâte, même lui, après trente ans de vie, veut s’en extirper, voyager, rencontrer l’imprévu, le paradis ne lui suffit plus. 

Si jusque dans les années 70, le cinéma comme la littérature de genre plaçait ses espoirs de vie meilleure dans des villes utopiques, à partir de 1982 et de Blade Runner, la ville devient une dystopie oppressante, déshumanisante, persistant parfois dans les ruines de l’apocalypse ; quand elle ne cache pas une dictature ou un monde terrifiant derrière l’utopie de façade. 

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Alors, faut-il combattre certaines de ces représentations ? Les villes de la démesure, les villes excluantes, exclusives, invisibilisantes, les villes-dortoirs…ne sont pas des modèles désirables, soutenables, équitables. Pourtant, elles nous en apprennent beaucoup sur ceux qui font la ville, ceux qui sont la ville. Il faut lutter contre ces imaginaires, mais les respecter : ils n’existent pas par hasard, et la volonté qui préside à leur existence, réelle ou souhaitée, présente ou future, en dit long sur notre capacité et notre désir ou non de vivre ensemble, sur notre empathie comme nos priorités politiques et démocratiques.

Court traité de résilience urbaine

Au cœur des valeurs qui constituent le paradigme de Dernier Kilomètre se trouve le concept de ville résiliente. La résilience caractérise en premier lieu la capacité d’un matériau à résister à un choc, d’un organisme à dépasser un traumatisme et par extension la capacité d’un organisme à surmonter de profonds changements.

Un organisme parfaitement adapté s’éliminerait à la moindre variation du milieu. Par bonheur, la souffrance et la frayeur lui offrent la survie.

B. Cyrulnik, L’ensorcellement du monde, Odile Jacob

Si le concept de résilience urbaine a fait florès ces dernières années, c’est en réponse à la multiplication de catastrophes naturelles subies par des aires urbaines à travers le monde : tsunami, inondations, tremblements de terre, éruptions volcaniques… et à la nécessité de penser des villes qui soient en mesure de retrouver un fonctionnement le plus normal possible le plus rapidement possible à l’issue de ces évènements tragiques.

Si cette notion est importante, elle est significative d’une vision « court-termiste » de la ville, et d’un penchant à panser des plaies qu’on imagine inévitables, à réparer des erreurs passées d’aménagement ou d’anticipation. L’on sait également – et malheureusement -, aujourd’hui, que la reconstruction, physique et sociale, d’un territoire après une catastrophe est positif pour la croissance du PIB.

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Il semble néanmoins primordial et prioritaire de préparer nos villes à un plus grand traumatisme, moins spectaculaire, moins immédiat mais bien plus conséquent pour leur devenir. On sait en effet qu’on se dirige inéluctablement vers une raréfaction de ressources non renouvelables, que ce soit le pétrole mais aussi les métaux rares. L’urbanisme résilient se doit donc de mettre en place dès aujourd’hui une ville qui soit capable de fonctionner sans ces précieux (et encore indispensables) apports, mais qui dans le même temps, par une indépendance accrue, un fonctionnement low-tech, sobre et résilient, ralentisse la raréfaction programmée de ces ressources. 

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Quelques pistes

  • Penser une ville marchable et cyclable et organisée pour faire la part belle aux déplacements ne nécessitant aucune source d’énergie extérieure à l’énergie humaine.
  • Organiser la toile alimentaire du territoire pour permettre l’autonomie des villes sur le plan de la production et la distribution de biens alimentaires.
  • Favoriser la modularité des espaces pour limiter la construction à tout crin, et réhabiliter les friches et les bâtiments usés.
  • Dés-écraniser l’information, et plus globalement, désintoxiquer la ville du recours à la technologie pour privilégier un urbanisme open-source et participatif.
  • Permettre le retour de la nature en ville.
  • Développer l’autonomie énergétique et un égal accès aux ressources (l’eau, notamment).

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Ce ne sont là que quelques idées directrices de ce que sera une ville résiliente et post-carbonée. Tout cela devra se faire bien entendu dans un esprit de démocratie le plus complet et transparent possible, en rendant les citoyens, habitants et usagers de la ville acteurs des décisions, des choix, des débats et de la production des espaces, permettant l’émergence d’un urbanisme des communs.

 

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Il faut ajouter à cela le risque d’une montée des eaux – liée au choc climatique – condamnant une partie des villes littorales et fluviales à la submersion. Mais, assez d’angoisse pour cette fois : le devenir de nos villes est entre nos mains, et il sera résilient si nous nous y prenons dès maintenant ! 

 

[Archives] Densifier : pour quoi faire ?

Une fois n’est pas coutume, un texte sorti de la malle d’archives, et co-écrit en 2013 (déjà!) avec la complicité de Frédéric Denise, Christophe Ondet, Cynthia Toupet et Anne-Isabelle Veillot. Il y aurait sans doute à redire, mais c’était une première approche intéressante !

 

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La densification des villes est une réponse naturelle au véritable fléau qu’est l’étalement urbain. Cet objectif de densification repose sur le constat que plus les villes sont denses, moins elles sont énergivores par habitant. Mais ce constat n’autorise pas à penser que la densification est la seule réponse à toutes les difficultés que connaissent actuellement nos villes, d’autant plus que ce sont les aires urbaines déjà surpeuplées et déshumanisées qui sont concernées. Cette densification n’est-elle pas un prétexte à tous ces projets de tours qui fleurissent sur les nœuds des réseaux de transport ? Il ne sert à rien de densifier si les urbains sont obligés de parcourir de longues distances pour aller travailler et faire leurs courses. La densification devrait avant tout viser aux rapprochements des fonctions d’habitat, de travail, de loisir, d’éducation et d’approvisionnement afin de limiter les déplacements. Faut-il pour cela construire toujours plus, et plus haut ?

Les tours, des impasses verticales

Pourquoi refuser ces projets de tours, aptes à limiter le mitage du territoire et contribuer à ce rapprochement des fonctions ? Est-ce parce qu’elles sont le symbole arrogant du capitalisme triomphant ? Pas seulement.

Une tour, en réalité, c’est une impasse… verticale. Ça ne va nulle part, sauf à vouloir se jeter du haut. Un truc désespéré. Les promoteurs, les multinationales, les urbanistes et les architectes sont prêts à se laisser convaincre par des arguments fallacieux pour justifier leur mégalomanie dépassée. Pourtant, une tour végétalisée, bardée de panneaux photovoltaïques et surmontée d’éoliennes, c’est quand même bien, non ?! C’est pire. C’est comme un 4×4 électrique peint en vert. Un monstre hybride et absurde, déguisé pour polluer en cachette, et inefficace par rapport aux enjeux énergétiques à venir. Car énergétiquement, c’est un désastre. Tous les efforts écolo-technologiques ne rembourseront jamais le gouffre que représente l’énergie nécessaire pour construire un gratte-ciel, l’entretenir et, un jour, le déconstruire. Bâtir un mètre carré à cent mètres de hauteur dépense dix fois plus d’énergie qu’au sol. Le gâchis de matériaux est écœurant. Pour une hauteur proportionnelle, la surface est au carré, le volume au cube ! Voyez la différence entre un éléphant et un chat : pour avoir les yeux quinze fois plus haut il sera trois milles fois plus lourd ! De plus on ne peut pas construire de tours en terre, en bois, en paille, en déchets recyclés. Non il faut du très solide et de l’insoutenable : du béton et de l’acier. Ensuite, l’énergie pour son fonctionnement est dans les mêmes proportions : ascenseurs, éclairage, ventilations, déperditions en tous genres.

Et si on recherche la densité, ce n’est pas le meilleur moyen. En effet un centre urbain historique est plus dense en habitants qu’un quartier vertical composé de tours, car celles-ci doivent respecter entre elles des distances importantes, proportionnelles à leur hauteur. Quant à la problématique de la lutte contre l’étalement urbain, soyons clairs : ce n’est pas avec des gratte-ciels que nous allons faire revenir en ville les habitants des lotissements périphériques. Il vaudrait mieux travailler pour faire de ces nouveaux territoires péri-urbains des lieux de vie à part entière, ouverts et autonomes. Car nous n’allons pas en plus, pour lutter contre l’étalement urbain, raser ces quartiers tout neufs ! Ce n’est donc pas l’habitation qu’il faut densifier mais les fonctions, les échanges locaux et les liens.

Priorité à la relocalisation

Mais au-delà de la polémique sur les tours, ne devons-nous pas réinterroger cet objectif de densification ? N’est-il pas incompatible avec la nécessaire transition de nos territoires urbains ? La recherche d’une plus grande autonomie alimentaire des villes par le développement d’une agriculture urbaine, de la production à l’échange ne pourra fonctionner qu’avec une densité modérée; une juste proportion entre nombre d’habitants et surface cultivée, en recyclant les espaces immenses dédiés à l’automobile. A cet objectif de densité, signe d’une compétition entre territoires, nous préférons la (re)localisation, et la reconquête par les citadins des espaces publics, démarchandisés pour accueillir les activités et les échanges entre des habitants ayant retrouvés leur autonomie de production : lieux festifs, espaces de gratuité, foires permanentes d’échange d’objets et de savoirs entre habitants.

Car la (re)localisation doit être pensée avant la densification. C’est par la localisation que les différents territoires trouveront cette autonomie, nécessaire pour diminuer les transports intempestifs : agriculture et manufactures en tous genres, en prélevant la matière première dans le recyclage de leurs propres déchets. Après, seulement, si elle s’avère nécessaire aux territoires en accroissement démographique, on peut alors imaginer leur densification. Et celle-ci pourra être obtenue en construisant le moins possible, par la reconversion des futures friches urbaines que constituent en quantité phénoménale les parkings, les garages, les centres commerciaux. S’il faut densifier sans construire, c’est aussi par la diminution de la taille des logements, permise par la reconquête de l’espace public et la mutualisation de fonctions telles que buanderies, ateliers de bricolage, lieux de réception, etc. créant ainsi, par la même occasion, les conditions d’une croissance des liens entre voisins d’un même quartier.

Les tours, et plus globalement la densification des villes, ne sont donc pas la bonne solution à l’étalement urbain ou à la crise énergétique. La solution est plus complexe car elle ne s’inscrit pas dans le paradigme économique porté par le capitalisme. Il faut au contraire dé-penser ce système. Nous devons densifier sélectivement le bâti existant, certes, mais aussi le rénover et l’isoler, et surtout repenser nos déplacements et, plus en général, nos modes de vie.

 

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Smart Cities ou Ville Open-source ? Ville agile, ville intelligente

Trois semaines se sont à peine écoulées en 2018 que l’un des challengers au mot de l’année a pris une avance considérable. Pas un jour en effet sans que ne soit abordée la #SmartCity. Smart City, vous dites ?

Wikipédia la définit comme « une ville utilisant les technologies de l’information et de la communication pour « améliorer » la qualité des services urbains ou encore réduire ses coûts. » On notera que l’amélioration est sujette à guillemets. Ailleurs sur les internets, dans des espaces numériques moins objectifs, on peut lire « optimisation », « bien-être », « ambition », « évolution », service », bref un champ lexical hagiographique.

 

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Passion étymologie

Et pourtant, la #SmartCity, cette « domotique » urbaine, est déjà sous le feu des critiques : elle serait un outil de surveillance (France Culture y consacrait même récemment une émission plutôt…angoissante), ou bien ontologiquement inégalitaire.

On traduit d’ailleurs  trop facilement « smart » par « intelligent-e ». Si connectée rend plus justice à la réalité d’une #SmartCity, le terme est certainement moins vendeur. Et l’étymologie nous apprend beaucoup plus sur le choix de ce terme. Smart dérive en effet du vieil anglais smeortan, dont le sens originel est causing sharp pain, autrement dit qui cause une douleur aigüe. Étonnant non ?

 

Aussi, propose-je le terme de maligne, autant dans son sens de ruse, d’astuce que de malveillance.

Je ne suis pas moi-même, on l’aura compris, un fervent défenseur de la Smart City. Bien sûr, elle a des vertus potentielles, mais deux problèmes me semblent insurmontables :

  • La #SmartCity s’est imposée dans nos vies sans aucun débat démocratique. Autant les données utilisées (à qui appartiennent-elles), que leur usage, et les outils qui vont de pair. Y a t-il eu un débat démocratique sur les compteurs Linky rendus obligatoires ? La haute technologie, quand bien même serait-elle open source, n’est ni conviviale, ni démocratique – elle nous rend dépendants d’elle-même et entrave l’autonomie.
  • Et puis, il y a sa faiblesse principale : qui dit #SmartCity dit outils numériques. Or, face à la problématique de raréfactions des ressources (on parle souvent du pétrole, en négligeant trop souvent la question des terres rares, et l’impact du réchauffement climatique sur les fermes de serveurs informatiques, entre autres), l’avenir, du moins l’avenir « durable », n’est pas à la technologie – ou alors à un retour des low-tech guère compatible avec une gouvernance numérique de la ville.

 

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Dès lors, la #SmartCity ne me semble pas « intelligente ». Il en va pour moi de la ville comme de la personne humaine : l’intelligence c’est aussi et surtout une question d’agilité (particulièrement au sens d’adaptation à son environnement – elle est donc situationnelle), de bienveillance (inclusive, équitable, sobre) et de résilience, capable à la fois de se relever d’un traumatisme comme d’anticiper en douceur les changements à venir – le tout démocratiquement.

Une ville intelligente ce serait donc ça : une ville qui se réinvente, à coups d’initiatives citoyennes, de projets low-tech  à basse entropie, d’économie circulaire, de DIY ; une ville, au final, open-source, aux codes ouverts à tous, modifiable et transposable.

 

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Quelques exemples de ville Open-Source

Bourg-palette

C’est ici que les arbres viennent se réincarner. Si Bourg-Palette est le village de départ des joueurs de Pokemon, elle est aussi, désormais, cette chouette métropole où on l’on pratique le détournement de palettes de transports en mobilier d’intérieur et de plus en plus en mobilier urbain. Mais, victime de son succès, non seulement Bourg-Palette a vu sa démographie exploser et son centre-ville se gentrifier mais surtout son activité économique est mise à mal par la demande trop pressante.

 

 

 

 

Hacker Valley

Hacker Valley est l’agglomération qui s’est construite autour du coeur historique de Bourg-Palette. Hack Valley est le centre névralgique de l’innovation et du détournement, qui applique les idéaux de sa ville-centre à l’ensemble de la fabrique urbaine. Ici, tout le monde résiste. On a laissé les caméras de surveillance s’installer pour mieux les dénoncer, on a rhabillé les cabines téléphoniques en bibliothèques plutôt que de les mettre au rebut, et les idées comme les modes d’emploi se diffusent librement.

 

 

Guerilla Jardiland

Non loin de là, Guerilla Jardiland se veut une ville verte, défendant la droit à la terre, refusant de participer à l’hégémonie d’une civilisation hors-sol.  Commune indépendante (pour échapper à la législation française) et capitale auto-proclamée des Incroyables Comestibles, on y jardine librement le moindre espace disponible, plantant (et récoltant) au gré des saisons et des envies de quoi embellir et nourrir la ville. La légende veut que les arbres sont heureux à Guerilla Jardiland, ayant tout l’espace pour étendre leurs racines et leurs couronnes, et que le bitume, jaloux de l’attention portée à la flore, se fissure de lui-même pour apporter aux guérilleros un nouveau terrain de jeu.

 

 

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Il existe bien d’autres villes open-source , mais aucune n’est aussi réelle que Detroit. Incarnation douce-amère des villes en décroissance (qui feront l’objet d’une publication prochaine ici-même), Detroit est aujourd’hui un laboratoire urbain, synthèse concrète des urbanités parcourues au-dessus, théâtre d’expérimentations sur la résilience d’une grande ville, l’agriculture urbaine, la débrouille et la participation citoyenne réelle.

Detroit, l’anti-smart city, mais ville open-source archétypale !

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City of dreams

 

Pourquoi « Dernier Kilomètre » ?

Depuis que j’ai annoncé aux premiers cercles de mon entourage la création de Dernier Kilomètre, la question qui revient sans doute le plus souvent est « C’est quoi Dernier Kilomètre ? Tu vas y faire quoi ? ».

Jusqu’ici j’ai botté en touche, en traçant de grandes lignes (qui ont bien bougé depuis) et surtout en expliquant que je travaillais au développement de mon offre. En vérité, il m’était impossible de répondre à cette question sans commencer par le pourquoi.

 

Pourquoi, donc, Dernier Kilomètre ? Pourquoi ce site, et cette aventure personnelle et professionnelle ?

Pour rendre vraiment la ville à ceux auxquels elle appartient et qui la pratiquent. Trop souvent j’ai eu le sentiment de subir la ville plus que de la vivre. Ces derniers mois, j’ai pu constater, au gré de mes rencontres, que je n’étais pas le seul à ressentir cela. Bien souvent, la ville se fait d’en haut, ou de l’extérieur, sans prise en compte de ses usagers quotidiens, sans jamais partir de l’usage pour décider. Pourtant la ville n’est rien d’autre que ce qu’on en fait. Tous ensemble, chaque jour, par chacun de nos actes. Nous la détournons, nous l’occupons, nous la ressentons. Allons au bout de la logique, et construisons là ensemble.

Pour préparer la ville de demain en proposant une ville d’aujourd’hui différente, sobre, humble, apaisée, humaine. La ville d’aujourd’hui c’est aussi cet espace hors-sol, pollué, générateur d’un trafic monstre, un espace tout sauf résilient, absolument pas prêt à affronter les déjà-là de la transition énergétique et de la post-croissance. Il faut réparer, ménager, améniser, optimiser, minimiser, coopérer. Il faut, plutôt que refaire la ville plus écologique plus autonome, la vivre différemment, l’habiter autrement.

Pour réenchanter la ville. L’image de la ville d’aujourd’hui se rapproche du rouleau compresseur, du tractopelle déshumanisant, uniformisé, de l’araignée étendant sa toile, avec les nuages pour horizon vertical. Aussi est-il autant urgent et indispensable qu’il est passionnant de la réenchanter en lui donnant du sens, des couleurs, en valorisant les sensations qu’elle nous procure, en la rendant ludique, surprenante.

 

D’accord, mais tu vas faire comment ? 

Je vais faire humblement, à mon échelle, sans injonction et avec passion.

D’abord en relayant, en posant et en ouvrant les débats, souvent liés à l’actualité urbaine. Je n’ai pas l’ambition d’apporter des réponses définitives – ce d’autant moins que je ne suis pas convaincu qu’il existe des réponses universelles transposables à des contextes toujours différents. Il y a en revanche des bonnes pratiques dont on peut s’inspirer, à la lettre ou dans l’esprit.

Ces solutions auront parfois l’allure de montagnes infranchissables, et parfois de petits cailloux semés. Le fait est que la ville, ceux qui la font et ce qui la fait changent vite, plus vite que sa géographie, que le temps de la décision et de l’action mais qu’une montagne n’est qu’un amas de petit cailloux. Soyons modestes.

En relayant ou propulsant un imaginaire positif : l’art d’hier et d’aujourdhui a beaucoup à nous dire sur nos urbanités, et en passant souvent par des chemins de traverse. Qu’est-ce que la ville symbolise pour chacun de nous, que véhicule-t-elle, comment la voit-on, comment la veut-on, comment la rendre désirable… Tant de questions qui méritent illustrations ! 

En racontant des histoires, aussi. Je veux m’intéresser aux gens qui peuplent la ville, à ce qu’ils y sont, à ce qu’ils y font et à ce qu’ils en font. L’urbain est une série de sensations, une suite d’expériences, agréables ou violentes. Ce vécu n’est pas modélisable, ni prévisible, ne tolère aucun arrangement politique, mais est indispensable à la qualité de vie, au dynamisme territorial.

Je proposerais donc, entre autres, et très irrégulièrement :

– des billets d’humeur sur l’actualité urbaine,

– de la veille urbaine, des infos, des liens vers des sites ou des articles (dont je partage l’idée ou non !)

– des dossiers sériels sur des sujets auxquels nous attachons de l’importance, mais toujours centrés sur l’humain (récits de vie, diagnostics en marchant, etc)

– des comptes-rendus d’expo, de conférences, des fiches des lecture, des critiques de films, tout ceci en rapport avec l’urbain,

– une galerie photo symbolique de la ville d’aujourd’hui : ludique, esthétique, insolite, résiliente,

– des propositions concrètes sur des territoires concrets

Et sans doute d’autres choses à mesure que les envies surgiront !

A la fin de chaque publication, j’essaierai de partager une chanson, un court métrage ou une publicité renvoyant à l’imaginaire propulsé par le sujet de l’article.

 

Et tu proposes quoi ? 

Dernier Kilomètre, c’est aussi une activité professionnelle dont le but est d’accompagner tous les acteurs urbains qui souhaitent eux aussi réenchanter et apaiser leur environnement.

Je suis disponible pour animer des réunions de concertation, des formations, des talks, participer à des études d’opportunités, contribuer à des enquêtes, etc – en ne laissant jamais de côté ma vision de la ville, sujet politique par essence, et objet humain, pâte à modeler de nos représentations.

Et comme promis, on se quitte en vidéo, avec les Beastie Boys : je me pencherais peut-être un jour sur l’imaginaire urbain qui peuplaient leur clips !

Thomas

 

Attends, dernière question : Pourquoi ce nom?  

Ca, c’est une autre histoire, pour une autre fois.